Assemblée Générale et conférences

L’assemblée générale ordinaire de « La Tête Dans le Sable »

se tiendra le Dimanche 28 avril 2024

Hameau du Redour – 44310 Saint-Philbert-de-Grand-Lieu

Nous profiterons de ce temps pour vous proposer une petite balade à vélo aux alentours et de pique-niquer tous ensemble.
Au programme :
10h00-10h30 : Accueil
10h30-11h30 : AG
11h30-13h00 : balade à vélo ou ateliers de réflexion sur place
13h00-14h00 : pique-nique tiré du sac
14h00-15h00 : bilan et perspectives à venir
N’hésitez pas à nous rejoindre à vélo afin de limiter les voitures sur le site et votre monture sera ainsi prête pour la balade.

Conférences à L’Etnick.

Fonctionnement d’une nappe et grand cycle de l’eau : quelle disponibilité pour quels usages ?

Marie Fortin, hydrobiologiste, consultante indépendante et enseignante viendra nous faire partager avec passion ses connaissances sur ces questions, qui sont centrales dans les projets que nous combattons. Au moment où notre ressource est particulièrement fragilisée, mieux comprendre avec elle les grands équilibres pour préparer notre territoire aux enjeux de demain est indispensable !

Mardi 14 mai à 20h à L’Etnick, 83, Av de Bretagne, 44140 Geneston.
 

« Redirection urbaine »

« Redirection urbaine », c’est son dernier livre et ce sera le cœur de notre soirée avec Sylvain Grisot.

Ceci n’est pas une crise, nous dit cet urbaniste nantais, mais c’est la fermeture d’une longue parenthèse pendant laquelle le béton a coulé à flots, les ressources étaient illimitées, l’argent pas cher et le foncier agricole infini. Mais des hommes et des femmes explorent des voies de traverse pour faire la ville dans le bon sens. Il nous propose d’échanger autour de leurs expériences.

Mardi 4 juin à 20h à L’ETNICK, 83, Av de Bretagne, 44140 Geneston.

Ces 2 soirées d’échange sont organisées par « La tête dans le sable » pour creuser des questions cruciales : préservation des terres agricoles de l’eau et de la ressource en sable…

Face aux enjeux de demain, ne les laissons pas gaspiller pour le seul profit de quelques-uns… 

Elles seront aussi l’occasion de donner quelques infos sur nos actualités et voir comment ensemble on va avancer dans les mois qui viennent, en particulier avec les enquêtes publiques qui se rapprochent.


 

Abandon du projet Lafarge à Saint-Colomban : La Tête dans le sable reste sur ses gardes

Ouest France 19/01/2024

La Tête dans le sable (LTDS) a préféré se laisser plusieurs jours pour réagir à l’annonce de l’abandon du projet d’extension de la sablière Lafarge, à Saint-Colomban. Aussi, après que le conseil d’administration s’est réuni mercredi soir 17 janvier, Jacki Herbet, l’un des quatorze coprésidents de l’association, livre l’analyse de la situation des militants.

L’annonce de l’abandon du projet Lafarge divulguée à l’occasion des vœux du maire de Saint-Colomban, Patrick Bertin, a été comme pour beaucoup une surprise pour les membres associatifs. Cependant, « c’est une victoire extrêmement nuancée, confie Jacki Herbet. Bien sûr, c’est une avancée, mais il y a toujours une carrière en lice. » D’autre part, il livre les inquiétudes de l’association quant à l’avenir des terres jusque-là convoitées par le carrier et sur lesquelles des négociations et des compromis de vente ont déjà été engagés. Elle craint que « si  ce ne sont pas les carrières, ce soient les maraîchers », qui seront tentés de les racheter.

LTDS reste donc très vigilante et les membres semblent déterminés pour dépenser une grande partie de leur énergie pour ces « belles terres ». Aussi, pas de répit pour LTDS, car face à cette nouvelle menace du «  maraîchage industriel  » contre laquelle elle se bat également, cette dernière se mobilisera sûrement pour «  tout faire pour que ces terres soient de nouveau sacralisées  ». Jacki Herbet reste toutefois discret sur les futures actions et sur les motivations à court terme de l’association. Cependant, l’idée de faire pression sur les élus du Pôle d’équilibre territorial et rural du pays de Retz, pour qu’ils reviennent sur leur décision qui avait mis fin à la protection de ces espaces agricoles pérennes, ne semble pas exclue. Mais dans un premier temps, les parcelles ne faisant plus l’objet d’une future extraction de sable, la municipalité devra revoir encore son Plan local de l’urbanisme pour que le projet GSM puisse être porté à enquête publique.

Quand aux « motivations publiques » de la société Lafarge qui avance des raisons économiques pour justifier son retrait, elles ne convainquent pas La Tête dans le sable. En juin 2023, l’autorité environnementale a émis de fortes réserves sur les projets des carriers et leur a demandé de produire une étude d’impact commune, ce que la société Lafarge n’aurait, a priori, pas souhaité. Alors, « l’argument sur des conditions environnementales trop exigeantes conviendrait mieux à notre logique », glisse Jacki Herbet, qui espère bien que le travail de l’association a eu sa part de responsabilité dans cette affaire. La préfecture a aussi pu penser que les arguments de LTDS étaient défendables et que la pression d’une partie la population était suffisamment importante, sont tentés de croire les défenseurs de la nature. Quoi qu’il en soit, « la position de LTDS est renforcée par cette décision ».

« Une victoire à point nommé »

De leur côté, les Soulèvements de la Terre (SDLT), qui accompagnent depuis plusieurs années l’association de La Tête dans le sable dans son combat contre l’extension des sablières et du maraîchage industriel à Saint-Colomban, réagissent à l’abandon du projet de la carrière Lafarge par voie de communiqué de presse, daté du 16 janvier. Ils parlent d’une « victoire à point nommé », car cette annonce « arrive six ans, quasi jour pour jour, après l’abandon dans le même département du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes et trois ans après celui d’un projet de méga entrepôt logistique Amazon à Montbert, à quelques kilomètres de Saint-Colomban ».

Ils soulignent aussi un autre hasard de calendrier, puisque la cour de cassation vient de confirmer la mise en examen de Lafarge pour complicité de crime contre l’humanité pour ses activités en Syrie jusqu’en 2014. Cette semaine a aussi été marquée par le jugement rendu par la cour de cassation de Niort, à l’encontre des militants anti-bassines dont certains membres du mouvement des SDLT faisaient partis et qui s’est soldé par plusieurs emprisonnements avec sursis. Même si cela traduit, selon LSDT, « l’acharnement du gouvernement à réprimer physiquement et judiciairement les mouvements pour la défense des terres et de l’eau », cet abandon semble les conforter dans l’idée que certains combats peuvent aboutir à « des victoires ».

Toutefois, dans la mesure où le projet d’extension de la carrière GSM est toujours d’actualité et qu’il fera l’objet d’une enquête publique dans les mois à venir, entre juin et octobre, selon le maire, Patrick Bertin, les militants pour l’environnement disent maintenir leur vigilance à Saint-Colomban. Ils rappellent aussi que d’autres projets de carrières sont toujours contestés dans le département, comme à Tahun.

Elodie Hertu, Ouest France, 19 janvier 2024

Contre Lafarge et le béton

La campagne d’actions contre Lafarge et le monde du béton débute à la fin de la semaine et grâce à vous, plus d’une vingtaine d’actions d’ampleur contre le béton vont avoir lieu partout sur le territoire ! Cela démontre bien l’étendue du front de résistance qui se lève face aux bétonneurs et de manière plus générale contre l’artificialisation de nos espaces de vie.

Vous trouverez ci-joint le dossier de presse avec le détails de ces mobilisations, et ci-dessous le communiqué de presse (également intégré au dossier) : n’hésitez pas à le relayer à vos divers contacts presse afin d’assurer à ces actions un écho médiatique d’ampleur.

Durant les prochains jours, via le site https://journeescontrelebeton.noblogs.org ainsi qu’un certain nombre de canaux de communication et médias amis, nous suivrons le déroulé en images, vidéos et récits des dizaines d’actions qui vont avoir lieu.

Pour contribuer à propager par de multiples voix ces événements, nous vous invitons à faire de même via vos sites, réseaux sociaux, listes presse, etc, et vous invitons à rejoindre cette boucle Signal qui permettra la remontée des informations diffusables : https://signal.group/#CjQKIHG9LxUdSBP1XSFrlYnYbHAX5NxBAeUa9ecavnPekZ5oEhAicvLykxBarOxRii7Q8fjI

Du 9 au 13 décembre – une vague d’actions contre Lafarge et le monde
du béton

Aux alentours du 10 décembre 2023, une coalition regroupant plus de 200 collectifs locaux, organisations nationales écologistes et sociales, regroupements paysans, sections syndicales, comités des Soulèvements de la terre et lutte locales prévoit de se mobiliser, de se rassembler d’occuper et de bloquer la multinationale Lafarge-Holcim et l’industrie
du béton.

Une campagne de mobilisations décentralisées inédite de part son ampleur et la diversité des associations, collectifs et mouvements impliqués.

La multinationale franco-suisse n’a pas été choisi par hasard, en France, Syrie, Russie, Indonésie, mais aussi au Cameroun, Lafarge-Holcim est entachée par un nombre incalculable de scandales sociaux et environnementaux faisant des milliers de victimes de part le monde. Force motrice de l’artificialisation des terres, d’extensions de carrières et de pollutions de l’air et de l’eau par le biais de ses cimenteries et centrales à béton ; financement du groupe terroriste Daech et liens avec les services de renseignements français… l’entreprise représente à elle seule le monde tentaculaire et criminel du béton. Cela fait plusieurs décennies et cela doit cesser !

Ces journées de mobilisations interviennent à la date anniversaire de l’action emblématique contre la cimenterie Lafarge-Holcim de Bouc Bel Air (13) le 10 décembre dernier, action suite à laquelle une trentaine de personnes ont fait l’objet d’une enquête menée entre autres par la Sous-Direction Anti-Terroriste et d’une répression hors-normes (gardes à vue de 96h, logiciels-espions à l’intérieur des téléphones, débauches de géo-localisations, filatures etc.). Un comble pour une action d’utilité publique, mettant momentanément à l’arrêt une usine des plus polluantes du pays, responsable depuis des années d’un taux de cancer intolérable.

Ainsi en ce début de décembre, des collectifs locaux et organisations nationales, partout sur le territoire, montreront qu’il est toujours possible et nécessaire de dénoncer en actes les crimes environnementaux, sociaux et néo-coloniaux de la multinationale Lafarge et du monde du béton.
Ce sont plus de 470 sites toxiques en France, qui pourront être la cible de manifestations publiques, messages peints, intrusions, sit-in, blocages ou occupations sur tout le territoire. Cette campagne inédite de mobilisations décentralisées va montrer la force d’organisation et la diversité de groupes venus de tous horizons. Ces actions dénonceront l’industrie tant florissante que destructrice du béton. Elles vont montrer un élan de solidarité face à la criminalisation du mouvement écologiste par le gouvernement français, qui est de surcroît complice des crimes de la multinationale.

Cette campagne s’inscrit dans une vaste dynamique de lutte alliant opposition aux projets absurdes qui coulent notre monde sous le béton, actions surprises de blocages de sites (Fin de Chantiers par XR en 2019, Grand Péril Express par XR et les Soulèvements de la terre en 2021, Bouc Bel Air par des anonymes en 2022, blocage de Béton Lyonnais par YFC en 2023, etc.) et combats locaux contre la construction et l’extension des infrastructures du béton (à Saint-Colomban, à Soudan et Guemmené-Penfao dans le 44, sur la ZAD de la Colline en Suisse etc.). Ces actions simultanées seront l’occasion de matérialiser le front qui se lève contre l’industrie du béton et l’artificialisation des sols.
Une autre manière d’habiter et de construire est possible.

Nous vous invitons à rester alertes dès le début du mois de décembre pour suivre la vague d’actions qui va déferler sur la France et au-delà, de Paris à Narbonne et de Nantes à Bruxelles en passant par le Tarn, l’Auvergne, l’Ardèche…

Lafarge-Holcim en Suisse

Les sabliers sévissent partout et de la même façon.

Ce qui amène nos voisins Suisses à prendre des mesures. Il en est ainsi du canton de Vaud qui, dans une séance du Grand Conseil, propose le texte ci-dessous..

Le Grand Conseil est le parlement du canton. Il est formé de 150 député·e·s élu·e·s par le peuple, représentant les dix arrondissements (districts) vaudois.

Séance du Grand Conseil du mardi 27 juin 2023

Texte déposé

L’empreinte carbone du béton est devenue massive depuis l’industrialisation de la fabrication du ciment au 19è siècle. Le béton génère une empreinte carbone élevée et contribue à l’épuisement de ressources comme le sable et les granulats. Holcim est l’entreprise la plus largement émettrice de CO2 en Suisse. Le ciment est la branche de l’industrie qui rejette le plus de gaz à effet de serre en Suisse. Si certains développent des bétons bas carbone, et que lors des dix dernières années les émissions des grands cimentiers ont baissé de 12 %, cette baisse reste trop lente et trop faible selon différents scientifiques qui dénoncent surtout la dépendance au béton de la société. Le béton est un matériau très facile à créer, qui se moule dans de nombreuses formes, très rentable et difficile à concurrencer pour les autres matériaux.  Au sein du Grand conseil, des propositions ont émergé pour favoriser d’autres matériaux de construction plus durables et réduire l’utilisation de béton quand cela est possible. Il est primordial d’encourager toutes les alternatives, en promouvant des méthodes durables et variées de construction, et de valoriser les différents savoir-faire reliés. Si la promotion des alternatives est indispensable, des architectes affirment que ce ne sera pas possible sans intervenir sur la production de béton. Selon eux, les entreprises du béton n’ont aucun intérêt à changer. Il est temps de réfléchir à une intervention pour rétablir les équilibres. C’est l’objet de ce postulat.

Le secteur de la construction représente 10 % des émissions de gaz à effet de serre mondiales et le béton est responsable de 52 % à 80% des émissions de ce secteur. Le béton a une empreinte carbone d’environ 250 kgCO2eq/m² pour le logement collectif et 350 kgCO2eq/m² pour le tertiaire selon l’IFPEB (Institut Français pour la performance du bâtiment). Les émissions de gaz à effet de serre du béton proviennent en majeure partie de la fabrication du ciment contenu dans le béton. Si l’empreinte carbone de l’eau, du sable et du gravier contenus dans le béton est faible, ce n’est pas le cas du ciment, qui est responsable de 98 % des émissions de GES du matériau béton pour deux raisons : le processus de fabrication du ciment est très énergivore, car le clinker va être chauffé aux alentours de 1450°C via des combustibles fossiles. D’autre part, la décarbonatation du calcaire, réaction chimique produisant du CO2, est responsable des deux tiers restants des émissions de GES du ciment. Voici donc les étapes principales de la fabrication du ciment qui coûtent cher en émissions de CO2. À l’heure du réchauffement climatique et des objectifs de réduction des émissions, il apparaît important d’intégrer ce coût climatique du ciment dans le béton, par exemple en prélevant une taxe sur la tonne de CO2 produite. Dans l’État du Texas, toute société qui produit du ciment ou en importe au Texas et distribue ou vend le ciment dans le commerce intra-étatique ou utilise le ciment est taxée, sur la base d’un calcul basé sur la quantité de ciment distribué, vendu ou utilisé. Il semble difficile de voir une compétence cantonale pour intervenir sur ce marché, comme une taxe carbone serait de compétence fédérale. Toutefois, une piste se dégage : il est de la compétence cantonale que d’introduire un impôt cantonal d’orientation. Le Canton est souverain sur le plan fiscal et pourrait introduire un impôt spécial cantonal d’orientation ou impôt d’affectation des coûts. Cette mesure de politique économique permettant d’orienter l’économie serait un moyen d’intégrer le coût climatique de ce matériau, afin de promouvoir ainsi des matériaux moins émetteur de CO2 ou le réemploi du béton.

Le coût des transactions foncières pour fabriquer du béton, sur Vaud, est le suivant : les entreprises d’extraction achètent environ 2.- le m³ de terre, et revendent 30.- le m³ de calcaire extrait, additionné à 30 autres francs de m² de vide, vide qui se vend cher parce qu’il permet de la place pour enfouir les déchets de constructions. Ces chiffres approximatifs sortis au grand jour par les enquêteurs d’Heidi News ont été validés dans les médias. La conséquence de cet achat à moindre coût de terres par ces entreprises est qu’ils en achètent de plus en plus. Cela impacte donc aussi les terres paysannes, comme dans l’exemple de ce domaine agricole acheté par une entreprise du groupe Orllati à Yens, aux dépens d’un agriculteur qui souhaitait l’acheter, en contournement de la LDFR. Nous n’avons pas de registre de vérification des terres que possèdent les cimentiers, mais il est certain que nos terres et nos ressources sont largement accaparées par ces acteurs. Les bétonneurs rétorquent que c’est en raison de leurs investissements qu’ils revendent le matériau à des sommes plus élevées que l’achat des terres, mais ils n’existe aucune transparence sur ces coûts. Pour résumer, les marges qu’ils se font en achetant à bas coût nos terres sont de toute évidence énormes. Les ressources planétaires sont limitées, les terres et forêts vaudoises le sont aussi, et en période de réchauffement climatique ainsi que d’insécurité alimentaire, ce sont des terres dont nous aurons besoin. Pour veiller à préserver nos ressources, un impôt sur l’extraction de gravier / sable pourrait donc être prélevé.

Un impôt sur l’extraction du gravier / sable, ainsi qu’un impôt cantonal d’orientation sur la production de CO2 par la production du ciment, pourraient tous deux servir à alimenter un fond qui pourrait être consacré à la promotion de matériaux durables. Ceci est important car des maîtres d’ouvrage renoncent à choisir les modèles basés sur des matériaux biosourcés car ils sont plus chers que le béton. Ce fond permettrait donc à l’État, et en soutien à des privés, de favoriser les propositions d’ouvrage basés sur les matériaux biosourcés, et sur le réemploi, solutions souvent plus coûteuses. Ce processus permettrait de favoriser un secteur de la construction moins nocif au climat.

Par ce postulat, je demande au Conseil d’Etat d’étudier les opportunités d’intégrer les coûts environnementaux et climatiques du béton par :

(1) L’instauration d’un fonds alloué au soutien à des projets de construction sans béton et/ou basés sur la promotion du réemploi et de la réutilisation du béton  

(2) Un impôt spécial cantonal d’orientation sur l’extraction du m³ de sable ou de gravier visant à alimenter ce fond (3) Une taxe carbone ou un impôt spécial cantonal d’orientation sur la production du ciment visant à alimenter ce fond

(4) Des mesures sur les normes des nouvelles constructions pour favoriser des matériaux biosourcés

(5) Toute autre solution visant à alimenter ce fond et à intégrer le coût climatique et environnemental de la production du ciment et de l’extraction de sable/gravier

Les nouvelles de la rentrée…

La MRAe (Mission régionale d’autorité environnementale) émet des avis sur la qualité des études d’impact et la prise en compte de l’environnement des projets présentés. Ces avis sont destinés à l’information du public et ils doivent donner lieu à une réponse écrite des porteurs de projets. Même si ils ne doivent pas nécessairement être suivis, ils sont très importants.

Et donc ?
La MRAE vient de rendre ses avis sur les projets d’extension des 2 carrières.
Mais alors, que dit-elle ???
On peut dire qu’elle est particulièrement mitigée ! Elle attend des explications de Lafarge, GSM sur beaucoup de points : qualité technique du dossier, préservation de la biodiversité, incidence sur la ressource en eau, prise en compte du changement climatique, bilan GES, agriculture…Mais aussi (et surtout peut-être), elle considère que les 2 projets n’en font qu’un et donc qu’une étude d’impact globale doit être réalisée. D’après elle, les dossiers présentent « une évaluation particulièrement sommaire des effets cumulés« .
Pour résumer, la MRAE dit : Lafarge et GSM : revoyez votre copie, et revenez nous voir plus tard !

Aux dernières nouvelles l’Enquête d’utilité Publique serait repoussée à janvier 2024 !

Pour aller plus loin :
Article Ouest-France 29/06
Avis MRAE extension GSM
Avis MRAE extension Lafarge
C’est quoi une MRAE?

La bonne nouvelle de l’été

C’est bien sûr la suspension par le conseil d’État de la dissolution des « Soulèvements de la Terre ». Nous nous en réjouissons car cela va permettre à ce vaste collectif de poursuivre le mouvement engagé.
Plein d’articles sont parus dans le presse et on vous laisse faire le choix de vos lectures !
Alors tout de même, dans toute cette littérature de rentrée un petit conseil : le très bon livre « On ne dissout pas un soulèvement, 40 voix pour les soulèvements de la terre«  : pour prendre un peu de recul, voire de hauteur, sur la situation…En vente chez votre meilleur libraire !

Mise en demeure… dans le maraîchage industriel

Il semble que les services des préfectures du 44 ou 85 regardent d’un peu plus près ce qui se passe dans les exploitations de maraichages industriels…

Et qu’ils n’oublient pas de leur rappeler à leurs engagements, voire les mettre en demeure !
En voici les 2 exemples de l’été :
Mise en demeure préfecture Loire-Atlantique
Mise en demeure préfecture de Vendée

Le lobby agro-industriel inonde les médias de sa complainte

Le lobby agro-industriel inonde les médias de sa complainte pour dénoncer le remplacement du muguet industriel et une poignée de plants expérimentaux – non destinées à l’alimentation – par un semis de sarrasin bio. Comme d’habitude, le gouvernement reprend mot pour mot cette propagande. Mais pour qui prend le temps de s’intéresser un tant soit peu aux faits et d’enquêter derrière les piteuses tentatives de greenwashing, il apparaît que :
• Les industriels du légumes nantais visés par ces actions sont responsables de divers empoisonnements récents aux pesticides comme le métam-sodium (1).
• Les serres visées à Pont-Saint-Martin le dimanche 11 juin sont bien encore l’objet d’expérimentations sur des pesticides cancérigènes selon l’ANSES comme le métobromuron (2). Elles visent à maintenir le même modèle et à renforcer l’acceptabilité des pesticides en prétendant réduire leur usage plutôt que de permettre leur interdiction.
• Ces serres sont majoritairement ensablées et destinées à ce type de cultures plutôt qu’à de quelconques « sols vivants ».
• Ces industriels chef d’entreprise à la main d’œuvre exploitée, n’ont rien
d’« agriculteurs ».
• Ils sont par contre bel et bien responsables de l’accroissement ravageur de la production de sable et de la consommation d’eau pour des productions non vivrières ou tournées vers l’exportation.
• Ils ont été récemment condamnés pour leur surplus de rejets toxiques dans
l’atmosphère, notamment sur leurs cultures de concombres en 2017, ainsi qu’en 2020 pour des arrachages de centaines de mètres de haies en pleine période de nidification.
• La collusion de certains dirigeants des maraîchers nantais avec l’industrie du sable est avérée. Le Président de la Maison des Maraîchers Mr Torlasco a par exemple occupé pendant 11 ans le poste de secrétaire régional de l’UNICEM – union national des industries de carrière et matériaux de construction.
• Ils s’accaparent main dans la main avec l’industrie du sable des terres transformées en mer de plastique et serres chauffées, et tuent ainsi les autres formes d’agriculture paysanne dans le département.


En Loire-Atlantique, les surfaces dédiées à l’agro-industrie légumière ont augmenté de 24% entre 2010 et 2021. Le paysage de bocage et de polyculture élevage qui a caractérisé pendant des siècles le terroir du Pays-de-Retz est remplacé par un désert agro-industriel ultraspécialisé qui ravage la mosaïque de prairies et de cultures de la campagne nantaise.
Un désert. Si c’est cela la terre qu’aime Olivier Véran, c’est bien le signe qu’il n’a aucune culture paysanne ! Il semble manifestement confondre la terre et le sable. 1 ha de mâche, c’est jusqu’à 30 tonnes de sables par hectare chaque année !
Ensabler la terre, drainer les parcelles, araser les haies, c’est – structurellement – une artificialisation massive des sols. Oui nous préférons le sarrasin biologique aux champs de muguets de Vinet et aux expérimentations du lobby agro-industriel.
La conclusion est qu’il est bel et bien grand temps de désarmer ces industriels et de changer de modèles si l’on souhaite sauver les sols, les nappes phréatiques et soutenir réellement l’agriculture.
Vous trouverez pour un rétablissement minimal de la vérité un document détaillé d’enquête sur la « fédération des maraîchers » avec un ensemble de faits et de chiffres à la suite de cet article sur :
https://lessoulevementsdelaterre.org/blog/debunkage-pourquoi-viser-lagro-industrie-nantaise-precisions-sur-les-actions-menees-et-reponse-a-olivier-veran
.

Résistance paysanne au maraîchage industriel !

De véritables paysans, dont les fermes sont mises en péril par les industriels ont publié une tribune pour expliquer leurs gestes :

Nous sommes des éleveurs-euses et maraîchers-ères de Loire-Atlantique. Nous avons participé depuis plus de deux ans à toutes les mobilisations contre l’extension des carrières de Saint-Colomban. Nous sommes venus – une fois encore – en force avec nos tracteurs pour cette journée de mobilisation organisée par la tête dans le sable et les soulèvements de la terre.

Pour nous la présence paysanne dans toutes ces actions démontre que les luttes écologistes n’ont rien à voir avec une opposition binaire et caricaturale entre agriculteurs et écolos. En réalité, comme le soulignait déjà Bernard Lambert en son temps, une fracture traverse le monde agricole de
l’intérieur : entre des grosses sociétés agro-industrielles et toutes celles et ceux qui pratiquent une agriculture paysanne, entre les grosses coopératives capitalistes et nos fermes, entre l’agroécologie à dimension humaine et à vocation locale et l’agrobusiness exportateur.
Ce dimanche, appuyé par des milliers de citoyen.e.s nous avons décidé de poursuivre notre action contre l’extractivisme et le bétonnage, contre le maraîchage industriel et pour la défense du bocage et de l’agriculture paysanne. Depuis des années, nos fermes sont impactées par un terrible phénomène. Au sud de La Loire, une poignée d’agri-managers spécialisés dans le maraîchage industriel est en train d’accaparer la terre et l’eau, de détruire le bocage et ses haies, d’empêcher les nouvelles installations en faisant exploser le prix du foncier, d’artificialiser les sols à grand renfort de bâches plastiques et de serres chauffées. Le Sud-Loire est en passe de devenir une petite Andalousie. Les exploitants adhérent.es de la Fédération des Maraîchers Nantais font main basse sur les terres et en chassent le maraichage diversifié et la polyculture élevage.
Par exemple, 30 % du sable de la carrière GSM de St Colomban est destiné aux maraîchers industriels.
En tant que maraîchers diversifiés, nous sommes bien placés pour le savoir et le vivons au quotidien : nul besoin de sable et de pesticides pour nourrir localement les consommateurs avec de bons légumes ! Nous fournissons les AMAPS et les magasins de producteurs depuis des années, sans avoir besoin de prétendues « expérimentations » industrielles. C’est depuis nos collectifs citoyens écologistes et paysans que furent pensées les actions de la journée. Si nous avons choisi de remplacer et réensemencer symboliquement avec du sarrasin bio le muguet industriel et les serres de la Fédération des
Maraîchers Nantais, c’est parce que nous pensons que l’ensemble des terres accaparées par ce lobby devrait être restitué à la polyculture élevage et au maraîchage diversifié.
En Loire-Atlantique, les surfaces accaparées par le maraîchage industriel ont augmenté de 29 % entre 2010 et 2021. La consommation d’eau de ce secteur, dont le pic se situe en pleine sécheresse estivale, est en particulier très largement supérieure à celle des 40 000 habitants d’une des communautés de communes concernées. Principalement pour du muguet qui ne se mange pas et de la mâche exportée.
Ce dimanche, parmi les centaines de personnes du convoi, nous étions une cinquantaine de paysans impliqués dans ces actions de réensemencement et nous l’assumons pleinement. A travers sa communication Régis Chevallier « pleure » mais les paysans citoyens déplorent tous les jours la disparition des fermes d’élevage et de son bocage au profit du maraîchage industriel.


Les paysans et paysannes co-organisateurs de la mobilisation « Fin de carrières 44 », le 11 juin 2023.

(1) Le métam-sodium, un pesticide provisoirement interdit
(https://www.la-croix.com/Economie/France/Le-metam-sodium-pesticide-provisoirement-interdit-2018-10-26-1200978886

Le gouvernement a suspendu vendredi 26 octobre et jusqu’à la fin de janvier l’utilisation de ce biocide suite à l’intoxication de 70 personnes dans le Grand Ouest. La substance fait l’objet d’un réexamen scientifique par l’Anses qui pourrait conduire à son interdiction pure et simple.
Biocide à large spectre, à la fois pesticide, herbicide et fongicide, le métam-sodium est surtout utilisé par les maraîchers, notamment ceux du Maine-et-Loire et de Loire-Atlantique, pour « purifier » les parcelles avant d’y semer la mâche. Pesticide largement utilisé par les producteurs de mâche du Grand Ouest, le métam-sodium était déjà sous étroite surveillance après l’intoxication de 70 personnes à la mi -octobre. Par un arrêté publié vendredi 26 octobre au Journal officiel, le gouvernement vient d’en suspendre l’utilisation jusqu’au 31 janvier 2019.
De nouvelles investigations scientifiques.
Une décision plus radicale reste suspendue aux recommandations de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) chargée de réexaminer l’ensemble des autorisations de mise sur le marché des cinq produits à base de cette substance commercialisés en France.

S’informer avec calme, recul et confiance est plus que jamais nécessaire
Biocide à large spectre, à la fois pesticide, herbicide et fongicide, le métam -sodium est surtout utilisé par les maraîchers, notamment ceux du Maine-et-Loire et de Loire-Atlantique, pour « purifier » les parcelles avant d’y semer la mâche, en septembre et en octobre.
Injecté par fumigation dans le sol, ce produit est redoutablement efficace pour tuer les parasites et éviter les repousses de mauvaises herbes. Mais l’opération requiert de nombreuses précautions fixées par la réglementation : protection intégrale pour les opérateurs, utilisation de bâches, absence de vent et de fortes pluies pour éviter la dispersion du produit, respect de distances par rapport aux habitations et aux autres cultures.
Une substance « préoccupante »
Est-ce un manquement à cette réglementation qui a provoqué, entre le 28 septembre et le 12 octobre, trois épisodes d’intoxications (irritations oculaires et respiratoires) touchant essentiellement des ouvriers
agricoles applicateurs dans la région d’Angers ? C’est en tout cas la raison invoquée par la préfecture du Maine-et-Loire pour suspendre l’utilisation du pesticide dans le département jusqu’au 31 décembre.
Dans le département voisin de Loire-Atlantique, où aucun cas d’intoxication n’a été relevé, la préfecture a tout de même choisi de renforcer les contrôles sur les 200 exploitations qui utilisent le métam -sodium.
Une précaution qui s’avère désormais inutile puisque les trois ministères concernés (agriculture, santé et transition écologique) viennent de décider son interdiction au moins temporaire.
« Le métam-sodium fait partie des substances actives les plus préoccupantes pour la santé et l’environnement » , précise le communiqué interministériel publié vendredi 26 octobre. Ce risque avait déjà été identifié, en avril, par le « plan d’action national sur les produits phytopharmaceutiques et une agriculture moins dépendante aux pesticides ». « Ce qui avait amené le gouvernement à saisir l’Anses, en juillet, pour un réexamen de t oute une
série de substances, dont le métam-sodium », précise-t-on au ministère de l’agriculture et de l’alimentation.
Une réévaluation européenne
On attend désormais le résultat de ces investigations. Trois scénarios sont possibles : l’Anses décide soit d’un « renforcement des conditions d’emploi », soit du « retrait de certains usages », voire « le retrait des autorisations de mise sur le marché », précisait la semaine précédente une porte-parole de l’agence.
Le métam-sodium avait été interdit par l’Union européenne suite à une décision du Conseil de 2009, après la publication d’un rapport de l’Aesa, l’autorité européenne de sécurité des aliments, pointant ses nombreux risques, notamment pour les populations vivant sous le vent d’une injection, la faune non ciblée et les nappes d’eau souterraines. Malgré cela, quinze États européens, dont la France, ont continué à l’utiliser par dérogation. Depuis, la substance a été réautorisée par un règlement européen de
2012, mais elle fait l’objet d’un nouvel examen scientifique qui devrait s’achever en 2022.
(2) métobromuron \me.tɔ.bʁɔ.my.ʁɔ̃\ masculin, au singulier uniquement
https://fr.wiktionary.org/wiki/m%C3%A9tobromuron
(Agriculture) Substance phytosanitaire, de formule chimique C9H11O2N2Br, à usage d’herbicide de certaines dicotylédones et utilisable sur les cultures de pomme de terre, d’artichaut, de tabac et de mâche.
Par exemple, lorsqu’ils pénètrent dans le haricot par les racines, le chloroxuron, le fluométuron et le métobromuron ont
des comportements différents. Le chloroxuron reste localisé dans les racines et se déplace à peine dans la tige, alors que le fluométuron et le métobromuron gagnent le feuillage. — (Christian Gauvrit, Efficacité et sélectivité des herbicides, Éditions Quae, 1996, page 115)

Les ravages de l’industrie du béton

BHR : acteur régional à l’impact béton

Avec ses 26 centrales réparties en Bretagne et Pays de la Loire, BHR produit plus d’un million de mètre-cube de béton par an. C’est le premier producteur indépendant de béton prêt-à-l’emploi de France.

L’impact carbone de cette production est égal à celui de la consommation mensuelle de carburant de plus d’un million de véhicules particuliers.

Source : bhrbeton.com

Le béton en France, de quoi parle-t-on ?

En 2021 on estime que la production de béton en France a été de 21 millions de tonnes. Le béton, c’est de l’eau, du ciment et des granulats !

15 % ciment => 3,2 millions de tonnes

Avec seulement 27 usines, les cimentiers émettent près de 2,5 % de la pollution carbone de la France.

Source : https://www.ouest-france.fr/economie/construction-btp/info-ouest-france-le-plan-des-cimentiers-evacuer-le-carbone-via-le-port-de-saint-nazaire-81fed366-761c-11ed-a671-02732ecaf821

7 % eau => 1,4 millions de m3

C’est la consommation annuelle moyenne d’eau près de 5 60 piscines olympiques !

Source : https://www.ouest-france.fr/environnement/interdire-les-piscines-privees-quelle-quantite-d-eau-serait-economisee-avec-une-telle-mesure-a76609d8-2448-11ed-8ca9-3d7bee008cc2

78 % de granulats => 16,7 millions de tonnes

Granulats = sables et graviers utilisés pour la construction et les travaux publics.

En France la consommation de granulats est estimée à 20 kg par jour et par habitant, ce qui en fait la ressource la plus consommée après l’eau !!

(L’eau est déjà une ressource très précieuse mais les granulats le sont encore plus : ils mettent des milliers d’années à se former !)

(Sources : https://www.unicem.fr/wp-content/uploads/2021/12/unpg-chiffres-2019-web.pdf et https://www.insee.fr/fr/statistiques/4281618)

Les projets d’agrandissement ou de (ré)ouverture de carrières font perdurer cette industrie mortifère et retardent la transition vers des modes constructifs plus vertueux (bois, terre crue…) !

Manifestation 11 juin

Convois tracteurs-vélos et actions successives contre les carrières de sable, le béton et l’accaparement des terres par le maraîchage industriel 

Ce dimanche, 1500 personnes, des centaines de vélos et 30 tracteurs paysans sont partis en convoi depuis Saint-Colomban en direction de Nantes. Le bocage paysan y est dévoré progressivement par l’extension des carrières Lafarge et GSM, et par l’extension concomittante d’un maraîchage industriel délétère.

Un autre convoi s’est élancé quelques heures plus tard depuis Héric avec 300 personnes et 10 tracteurs avec des habitant.e.s engagé.e.s dans la lutte contre l’ouverture de nouvelles carrières de sable ou granulats à Soudan, Grand-Auverné et Guémené-Penfao, ainsi que la création d’une usine d’enrobé à Puceul, autant de chaînons de la bétonnisation toujours accrue du département.

Alors que le nombre de manifestant.es anti-carrière a doublé depuis l’an dernier, plusieurs actions collectives fortes ont de nouveau ponctué l’avancée du convoi sud, ciblant les responsables locaux de l’accaparement et de l’artificialisation des terres.

Lors d’un premier arrêt, des paysan.nes ont appelé à aller arracher des planches de muguet du groupe Vinet et à y remettre de la biodiversité avec des semences paysannes. Celui-ci avait déjà été visé, et son écluse illégale démontée lors la  dernière mobilisation à Saint-Colomban, pour son détournement du cours d’eau du Redour.

Quelques kilomètres plus tard, les paysan.nes et manifestant.es sont entré.e.s à l’intérieur des serres expérimentales de la Fédération des maraîchers nantais qui regroupe Vinet et des dizaines d’autres sociétés. Des plants expérimentaux, non destinés à la consommation, mais à renforcer les schémas productivistes ont été de nouveau remplacés par des semences paysannes. 30% de la production de la sablière GSM de Saint-Colomban servent à la production maraîchère industrielle du 44. Celle-ci est basée sur une irrigation intensive, un usage massif d’intrants chimiques, ainsi que sur des conditions de travail déplorables pour beaucoup de salarié.es. Malgré les opérations de greenwashing des maraîchers industriels, Primaloire l’une des entreprises visées, a par exemple intoxiqué 78 personnes en 2023 après l’usage d’un pesticide sur leur culture de mâche. En 2019 et 2020, des centaines de poissons sont retrouvés morts dans un canal à Saint-Julien-des-Concelles à cause de produits utilisés pour le déblanchiment des terres maraîchères. (voir tract explicatif distribué pendant la manif avec plus de données sur la fédération des maraîchers nantais: https://twitter.com/lessoulevements/status/1667865305400442880?s=20 )

Dernière action avant l’entrée dans le centre-ville, l’arrivée d’eau de la centrale à béton BHR a été coupée et scellée par du béton. Le cimenteur a ainsi été cimenté à l’aide d’une clé à eau et quelques petits outils rudimentaires avec le soutien de l’ensemble de la foule qui pique-niquait en musique. Nous rappelons que le sable alimente l’industrie du béton, bombe climaticide responsable de l’artificialisation galopante des sols et de 8% des émissions de CO2 en pleine crise climatique.  (voir tract explicatif distribué pendant la manif avec plus de données sur la fédération de smarahers nantais: https://twitter.com/lessoulevements/status/1667865305400442880?s=20  )

Cette action s’inscrivait dans la campagne de solidarité avec les personnes mises en cause cette semaine dans le cadre d’une enquête sur une action salutaire de désarmement d’une usine Lafarage à Marseille en décembre dernier. ( https://lessoulevementsdelaterre.org/blog/liberation-de-l-ensemble-des-gardees-a-vue-depuis-lundi-et-la-vague-darrestations-le-soutien-continue )

Elle répondaient aussi à l’appel « 100 jours pour les sécher », campagne d’action contre les accapareurs d’eau lancé par les peuple de l’eau pour ce nouvel été qui s’annonce marqué par une sécheresse systémique. ( https://lessoulevementsdelaterre.org/blog/100-jours-pour-les-secher )

A Nantes les convois ont rejoint la manifestation contre la dégradation des conditions de soin, liée au transfert de l’actuel CHU. Cette jonction visait à montrer notre solidarité avec les personnels soignants. En vue de faire le lien avec l’extraction accrue du sable et l’artificialisation des terres par les politiques immobilières de la métropole nantaise, l’entrée de Nantes Métropole Aménagement a été murée. Il s’agissait de la première opération de murage biosourcée à base de bottes de paille et d’enduits de terre crue. Une manière symbolique de marquer qu’il est temps de passer à la construction écologique et à la rénovation plutôt que de détruire et reconstruire sans cesse pour les seuls profits de l’industrie du béton.

La mobilisation monte contre l’industrie du sable et du ciment dans le 44. Nous stopperons les chantiers d’extension ou d’ouverture de carrière si ceux-ci démarrent.

Le succès des convois d’aujourd’hui préfigure aussi le grand convoi de l’eau lancé par les Soulèvements de la Terre et Bassines Non Merci. Celui-ci s’élancera de Sainte-Soline le 18 août pour converger pendant une semaine en tracteurs et vélos vers l’Agence de l’Eau Loire-Bretagne à Orléans puis le ministère de l’agriculture à Paris  https://lessoulevementsdelaterre.org/blog/le-convoi-de-leau-mega-tracto-velo-contre-les-mega-bassines

Résistance intarrissable ! No Sablaran ! 

Résistance paysanne au maraîchage industriel

Les paysans du convoi du sable expliquent les actions menées contre le maraîchage industriel 

Nous sommes des éleveurs-euses et maraîchers-ères de Loire-Atlantique. Nous avons participé depuis plus de deux ans à toutes les mobilisations contre l’extension des carrières de Saint-Colomban. Nous sommes venus – une fois encore – en force avec nos tracteurs pour cette journée de mobilisation organisée par la tête dans le sable et les soulèvements de la terre. 

Pour nous la présence paysanne dans toutes ces actions démontre que les luttes écologistes n’ont rien à voir avec une opposition binaire et caricaturale entre agriculteurs et écolos. En réalité, comme le soulignait déjà Bernard Lambert en son temps, une fracture traverse le monde agricole de l’intérieur : entre des grosses sociétés agro-industrielles et toutes celles et ceux qui pratiquent une agriculture paysanne, entre les grosses coopératives capitalistes et nos fermes, entre l’agro-écologie à dimension humaine et à vocation locale et l’agrobusiness exportateur. 

Ce dimanche, appuyé par des milliers de citoyen.e.s nous avons décidé de poursuivre notre action contre l’extractivisme et le bétonnage, contre le maraîchage industriel et pour la défense du bocage et de l’agriculture paysanne. Depuis des années, nos fermes sont impactées par un terrible phénomène. Au sud de La Loire, une poignée d’agri-managers spécialisés dans le maraîchage industriel est en train d’accaparer la terre et l’eau, de détruire le bocage et ses haies, d’empêcher les nouvelles installations en faisant exploser le prix du foncier, d’artificialiser les sols à grand renfort de bâches plastiques et de serres chauffées. Le sud-loire est en passe de devenir une petite Andalousie. Les exploitants adhérent.es de la Fédération des Maraîchers Nantais font main basse sur les terres et en chassent le maraichage diversifié et la polyculture élevage.

Par exemple, 30 % du sable de la carrière GSM de St Colomban est destiné aux maraîchers industriels. En tant que maraîchers diversifiés, nous sommes bien placés pour le savoir et le vivons au quotidien : nul besoin de sable et de pesticides pour nourrir localement les consommateurs avec de bons légumes ! Nous fournissons les AMAPS et les magasins de producteurs depuis des années, sans avoir besoin de prétendues « expérimentations » industrielles. C’est depuis nos collectifs ctoyens écologistes et paysans que furent pensées les actions de la journée. Si nous avons choisi de remplacer et réensemencer symboliquement avec du sarrasin bio le muguet industriel et les serres de la Fédération des Maraîchers Nantais, c’est parce que nous pensons que l’ensemble des terres accaparées par ce lobby devrait être restitué à la polyculture élevage et au maraîchage diversifié.

En Loire-Atlantique, les surfaces accaparées par le maraîchage industriel ont augmenté de 29 % entre 2010 et 2021. La consommation d’eau de ce secteur, dont le pic se situe en pleine sécheresse estivale, est en particulier très largement supérieure à celle des 40 000 habitants d’une des communautés de communes concernées. Principalement pour du muguet qui ne se mange pas et de la mâche exportée.

Ce dimanche, parmi les centaines de personnes du convoi, nous étions une cinquantaine de paysans impliqués dans ces actions de réensemencement et nous l’assumons pleinement. A travers sa communication de M. Régis Chevallier, « pleure » mais les paysans citoyens déplorent tous les jours la disparition des fermes d’élevage et de son bocage au profit du maraîchage industriel.

Les paysans et paysannes co-organisateurs de la mobilisation « Fin de carrières 44 », le 11 juin 2023.

La Fédération des Maraîchers Nantais : un empire dévastateur

Un accaparement des terres de plus en plus massif…

En Loire-Atlantique, les surfaces dédiées au maraîchage ont augmenté de 24% entre 2010 et 2021.

(Source : Près de Nantes et d’Angers, l’insatiable appétit de terres des maraîchers industriels, Médiacités 22/05/2023) 

… Qui entraîne une augmentation du prix du foncier.

« Le prix du terrain ils n’en ont rien à faire, ils sont prêts à mettre 4 à 5 fois le prix tant qu’ils ont un accès à l’eau » constate le coordinateur de France Nature Environnement Pays de la Loire.

(Source : Près de Nantes et d’Angers, l’insatiable appétit de terres des maraîchers industriels, Médiacités 22/05/2023) 

L’eau, ce bien commun, est elle aussi accaparée !

Dans un contexte de fortes tensions sur la ressource en eau, sur la Communauté de communes de Grand Lieu la quantité d’eau consommée en un an par l’irrigation (au moins 2,6 millions de m³ en 2021) est très largement supérieure à la consommation d’eau des 41000 habitants du territoire (estimation basse environ 1,5 millions de m³ par an)

(Sources : bnpe.eaufrance.fr, cieau.com et insee.fr) 

Des pratiques agricoles toxiques pour tous les êtres vivants

L’entreprise nantaise Primaloire a été condamnée le 23 mai 2023 pour avoir intoxiqué 74 personnes en 2018, en utilisant mal un pesticide.

(Source : Intoxication au métam-sodium : une entreprise agricole et un salarié reconnus coupables, Ouest-France 23/05/2023) 

En septembre 2020, comme à la même période en 2019, des centaines de poissons ont été retrouvés morts dans un canal à Saint-Julien-de-Concelles, à cause des produits utilisés pour le déblanchiment des serres maraîchères.

(Source : Près de Nantes, nouvelle pollution dans la vallée maraîchère avec des centaines de poissons morts , l’Hebdo de Sèvre et Maine 28/09/2020) 

Tout cela se fait en mangeant une bonne part du tas de sable

30 % de la production de la sablière GSM de Saint-Colomban sert au maraîchage Nantais. La production annuelle maximum de la sablière est de 400000 tonnes.

(Source : GSM) 

Au vu du CV du nouveau directeur, ces liens entre maraîchage industriel et carrières ne sont pas prêts de s’arrêter !

Emmanuel Torlasco, nouveau directeur de la Fédération des Maraîchers Nantais, a occupé pendant 11 ans le poste de secrétaire général régional (Pays de la Loire) de l’Union nationale des industries de carrières et matériaux de construction (UNICEM).

(Source : Loire-Atlantique – Les Maraîchers nantais recrutent un nouveau directeur, Loire-Atlantique Agricole 21/11/2022)

Sans oublier, dans l’ombre, l’asservissement de salariés vulnérables

Interdiction de parler, obligation de rester à genoux, parfois absence  de toilettes, de point d’eau, cadences exigées par les chefs de secteur difficiles à suivre, loyers déduits des salaires…

(Source : Loire-Atlantique. Bas salaires, dur labeur : enquête sous les serres, Ouest France 16/11/2018)

11 juin : la manifestation n’est pas interdite

Comme lors des précédentes manifestations organisées conjointement par « La tête dans le sable » et les « Soulèvements de la Terre », la préfecture a pris un ensemble d’arrêtés contre la mobilisation « Fin de carrières 44 » de ce dimanche. Celle ci est organisée avec la CAMIL, le Collectif Carrière du Tahun,  Le cri du bocage soudanais, et plus d’une cinquantaine d’organisations s’y associent. 

Les arrêtés préfectoraux portent sur l’interdiction de transports d’armes par destinations, d’artifices de divertissement ou de carburants. Ils visent également à autoriser les autorités à filmer par drone tout en interdisant aux manifestant-e-s de le faire. Ils sont assortis d’un arrêté portant interdiction de manifester sur un ensemble de zones restreintes disséminées à travers tout le département.

Bien qu’ils soient devenus récurrents contre nos mobilisations, ces arrêtés n’en sont pas moins attentatoires aux libertés. C’est pourquoi un recours juridique a été déposé par la Ligue des Droits de l’Homme.

Dans tous les cas : la manifestation de dimanche n’est pas interdite, seules certaines zones strictement délimitées sont interdites à la manifestation. Ne nous laissons pas intimider par les contrôles, comme à la précédente manifestation du 3 juillet dernier : il sera possible de nous rejoindre pour manifester dans une ambiance festive et familiale. 

Rendez-vous au lieu-dit Le Redour à 9h sur la commune de St Colomban pour le convoi sud, et à 12h dans la zone de l’Erette à Héric pour le convoi nord. 

Soyons des grains de sable dans leur machine à détruire,
Tous et toutes mobilisé-e-s ce week-end pour dire stop à l’extractivisme et au bétonnage ! 

A quelques jours maintenant de la mobilisation, nous vous proposons de communiquer massivement sur ces convois, pour lesquels nous espérons une forte participation (articles sur vos sites internet, mailing, réseaux sociaux, …). 

Quels supports ? 

*L’affiche
https://cloud.retzien.fr/index.php/s/67KkmGzxQ596Cqw

* L’appel à manifester
https://cloud.retzien.fr/index.php/s/eYCtKAEGd6AnCSz 

Quelles informations ?

*Un guide pratique de la mobilisation du 11 juin a été réalisé afin que chacun.e puisse s’organiser au mieux, en amont de la manifestation. Il est disponible sur le site des soulèvements de la terre :
https://lessoulevementsdelaterre.org/blog/10-11-juin-fin-de-carrieres-44-infos-pratiques 

*La boucle Télégram, à rejoindre pour obtenir en temps réel toutes les informations pratiques (en amont) et l’avancement du convoi le jour J :
https://t.me/FinDeCarrieres44  

*La plateforme de covoiturage  (pour le convoi sud), sur laquelle il est possible de proposer des places libres dans son véhicule pour rejoindre St Colomban, ou rechercher un trajet :
https://m.mobicoop.fr/#/carpools/event/2886

-> Pour les communications sur les réseaux sociaux, n’hésitez pas à tagguer/identifier/partager nos pages et publications : 

La tête dans le sable
https://www.facebook.com/profile.php?id=100075741254790 
https://www.instagram.com/latetedanslesable/ 

CAMIL
https://www.facebook.com/collectifcamil 

Cri du bocage 
https://www.facebook.com/LECRIDUBOCAGE 

Collectif Carrière Tahun
https://www.facebook.com/profile.php?id=100066670652108 

Les Soulèvements de la Terre
https://www.facebook.com/soulevementsterre 
https://www.instagram.com/soulevements.de.la.terre